L’Amphothérapie

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Mon concept

L’Amphothérapie associe le patient à son traitement, diagnostique et traite les causes des récidives en analysant les facteurs aggravants.
Le bilan s’appuie volontiers sur l’imagerie, surtout les radiographies fonctionnelles en charge, si possible en dynamique, actuellement l’EOS peut être contributif dans l’analyse posturale tridimensionnelle.

Le diagnostic « mécanique » repose sur la recherche d’un trouble de la statique qui vient progressivement perturber l’automatisme des mouvements du rachis. Cette détérioration, au début segmentaire, va progressivement devenir régionale. L’aggravation se fait inéluctablement par une déviation frontale en « shift » ou en flexion antérieur, souvent les deux associées.
L’analyse de la physio-pathologie peut en donner une explication : la partie antérieure du rachis, l’empilement des corps vertébraux et des disques se tasse peu à peu, de façon non symétrique, la partie postérieure, constituée des zygapophyses, au contraire reste de hauteur constante.

Le diagnostic recherche le segment responsable du début de la déformation, celui qui ne peut plus se repositionner en position équilibrée.
Chaque segment doit pouvoir fonctionner librement en symétrie droite –gauche et flexion-extension.
Chaque région suit les courbures prédéfinies, lordose cervicale cyphose dorsale lordose lombaire, cyphose sacrée. Toutes les « rectitudes, inversions de courbure ou rachis sigmoïde » sont les facteurs aggravants.
Bien décrits sur les comptes rendus radiologiques, ces troubles de la statique sont retrouvés très fréquemment dans les rachialgies récidivantes rencontrées en consultation.
Les rectitudes du rachis cervical sont souvent associées à des troubles de l’articulé dentaire. Ils participent au syndrome algo-dysfonctionnel de l’appareil manducateur (SADAM ou ADAM) et au syndrome de Barré et Lieou.

Principes de base

Traitement

Le traitement comporte deux volets successifs.

Le premier, passif, :

Il est effectué par le thérapeute. Il traite successivement tous les segments rachidiens perturbés. Les techniques sont non forcées (TNF), suivent les tangentes des surfaces articulaires impliquées, varient à chaque niveau segmentaire.

Le deuxième, actif, :

Il est effectué par le patient lui-même. Le principe innovant est qu’il suit, presque en segmentaire, la mobilisation en hyper lordose des segments incriminés. Le trouble de la statique, est traité en hyper correction en lordose.

Le mouvement est rendu possible grâce à l’intervention du thérapeute dans le premier volet.

Le principe biomécanique est d’obtenir l’expansion discale antérieure. Le disque, semblable à de la gélatine armée, est déformable mais non compressif, ni extensible. 1cm3 restera toujours 1cm3, par contre tout ce qui sera gagné en hauteur sera perdu en circonférence, donc diminuera la pression discale postérieure sur le système nerveux.

Les Exercices

Les exercices sont également de deux types :

Actif/actif :

Ainsi appelé car il utilise uniquement la force du levier musculaire volontaire segmentaire. La prise d’appuis ou l’axe de rotation se fait au niveau des processus zygapophysaires.
L’expansion prédomine à la partie antérieure du disque, l’avantage est de ne pas réduire le diamètre de la lumière du foramen, même en cas de hernie discale agressive, le mouvement est réalisable après l’intervention du thérapeute.


Actif/passif :

Ainsi appelé car il est effectué par le patient seul, mais il fait intervenir le poids du corps en projection postérieure importante. Ce mécanisme est passif, il permet de déplacer le centre de rotation instantané du levier d’expansion discale en postérieur jusqu’aux épineuses. L’expansion discale est globale aussi bien à l’avant qu’à l’arrière du disque. Mais l’inconvénient reste la réduction du foramen par l’hyper habitation des zygapophyses nécessaire à la prise du levier à ce niveau et à celui des épineuses.

Des tests spécifiques associés au premier bilan global, permettront de définir les exercices les mieux adaptés à l’amélioration des pathologies.
L’intérêt de cette technique innovante est de permettre au patient de s’investir dans son traitement et de ne plus subir une multiplication de manipulations d’efficacité temporaire car ne traitant pas l’étiologie de la pathologie, des manipulations « aspirine » en quelque sorte.

L’Amphothérapie a pour objectif de soigner la cause de la récidive. Elle redonne au rachis sa double mobilité segmentaire et globale, mais elle ne se substitue pas à une reprise des activités physiques qui est encouragée « pour tourner le dos au mal de dos ».